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MARDI 16 DECEMBRE 2003

Voici la fin du carnet de voyage de Guadeloupe :

Vendredi 18 octobre 2002 - Lever 07h30 coucher 01h00

Le ciel est bas et brumeux, on se dirige vers Le Lamentin pour visiter la distillerie du domaine de Séverin, à Cadet. C'est joli et la roue à aubes fonctionne encore. On arrive trop tôt pour voir le broyage alors on se promène vers le bassin aux écrevisses (ouassous), cet élevage nous fait déjà saliver pour le repas du midi. Petit passage obligé à la boutique où je vois des gousses de vanille. La première fois depuis le début du voyage, le prix est moyennement intéressant 9 euros pour 10 gousses. On repart vers la Pointe Des Châteaux à l'est de St François, on se croirait en Bretagne. Quel paysage ! ! Et surtout quels vents ! La falaise est haute et la vue sur l'eau est merveilleuse, les remous sont permanents et tellement importants que, à force d'avoir les yeux fixés sur l'eau, l'écume ressemble à des œufs en neige. Joli bleu turquoise un peu plus loin qui se mélange avec le ciel. On mange en bord de mer dans un petit resto touristique sans prétention et juste histoire de dire qu'on s'est nourri.
La fin de la journée se passe à la Plage de l'Autre Bord, où je vais me baigner. J'adore cette plage et je pense que c'est la plus belle de l'île. On va faire un tour près dans Le Moule et sa forte communauté hindoue. Les temples sont décorés mais toujours interdits aux " étrangers " à la religion. Tout est estampillé indien dans le coin, même la discothèque qui se nomme " Shiva ". On retourne sur la Plage de l'Autre Bord pour regarder la lune se lever. On y reste une bonne heure. Max doit raccompagner la sœur de Rose, on rentre donc chez Malou vers minuit en passant vers la station service. Mal nous en prend car certains nazes touchent la paye le vendredi, le résultat ne se fait pas attendre : nous avons droit aux types avinés (ou plutôt abierrés et arhumés…) qui s'approvisionne et éclusent dans les postes d'essence. Des troupeaux de cons de cette espèce, heureusement en voie de disparition grâce aux accidents de la route qu'ils commettent, nous doublent en nous collant à 120 kmh dans une zone chicane à prendre à 70 maxi avec sa 206 transformé en chaîne " boum boum la basse " hi-fi. Ca passera mais je me demande encore comment et pourquoi aussi tant de clémence de la part du Tout-Puissant.

Samedi 19 octobre 2002 - Lever 08h00 coucher 02h30

Je croise la sœur de Malou qui est venue pour le déjeuner. Gentille et aimable comme tous les gens que j'ai rencontré jusqu'à maintenant. Elle vient voir l'évolution de la construction de sa maison qui s'élève juste en face de nous. Toute la famille sur le même terrain, ça doit être parfois dur à gérer car je vois que bien que tout le monde s'apprécie plus ou moins et c'est dans la nature humaine après tout ! On a touts le droit d'être chiant et désagréable un jour ou l'autre. Le gag du jour : Max s'est paumé comme un vrai touriste et est encore tombé sur une connaissance qui lui demande " s'il est en visite " ; (ouais 8000 bornes pour une petite visite t'as le droit d'y croire) encore une fille qui ira raconter qu'elle l'a vu et ainsi de suite jusqu'à sa famille la plus lointaine qui se demandera pourquoi nous ne sommes pas passé les voir. Et bien parce qu'on ne pense pas à tout, on n'a pas le temps, on n'a pas envie, on a autre chose à faire. Pas spécialement un truc plus important, mais une autre occupation ou " priorité " arrive.
Le temps se couvre et notre dernière journée s'annonce sombre. J'aime bien, ça me permet de me préparer à l'ambiance du départ. Le temps est tellement humide que je me retrouve nez à nez avec un immense crapaud " taureau " brun, il est devant le pas de la porte et on se jauge mutuellement, prêt à dégainer. Il se dit que je suis le plus fort, il n'a pas vraiment tort, et dégage d'un bond de 3 mètres vers la zone en chantier située à l'ouest de la maison. Il est vrai que cette zone est pleine de seaux et flaques ou peuvent venir habiter diverses bestioles. J'ai tenté de vider l'eau stagnante de ce coin pour exterminer le nid à moustique et ça a plutôt bien réussi. On part chez Monette pour le dîner d'au revoir. Sur la route, on passe devant un cimetière et la fin d'une cérémonie. Je demande à Max de ralentir car je crois halluciner : il y a devant l'entrée un super grand corbillard en bois marron et métal comme on en voit dans les films d'horreur américain (salem's lot, dawn of the dead, ou encore celui de la fille dans la série Six feet Under), jusque là rien de bien extraordinaire pour un cimetière, oui, mais le clou du spectacle est sur la fête organisée devant les grilles. Une grande avancée en toile ouverte, comme au marché, avec un immense barbecue de 10 mètres de long et les gens qui se tapent la cloche là-dessous. La fête. Toujours la fête.

Dimanche 20 octobre 2002 - Lever 08h00 coucher 22h00

La pluie tropicale est arrivé dans la nuit et ne partira plus. Je décide donc de ne pas bouger car finalement je suis assez déçu de repartir et de regagner la métropole et ma vie qui m'attend là-bas, ses changements et mon quotidien agréable mais commun et habituel. Je reste donc à me promener dans le jardin, m'imprégner des odeurs des fruits, tenter de fixer les images clefs de ce parcours, jouer avec les chatons et lire mon bouquin de Rodman. Malou voit ça et me dit qu'elle connaît un peu le basket car son neveu est Jérôme Moïso, 2 mètres 08 et ailier chez les Raptors de Toronto en NBA. Il vient souvent la voir et était encore là il y a un mois avant la reprise du championnat. La journée passe très vite, la soirée se termine et je m'endors parmi mes sacs. La journée de demain commencera à 08h00, pour se terminer à la porte de l'avion vers 14h00.

JEUDI 04 DECEMBRE 2003

Comment ça il n'y a pas beaucoup de mises à jour ? Tout les 4 mois c'est largement suffisant...

L'Islam. Je me souviens qu'une amie bossant à la DGA me disait il y a deux ans, avant le 11 septembre 2001, qu'elle ne voyait pas comment on pouvait faire face à la montée de l'Islam et, plus inquiétant, comment on allait y survivre. Je me disais que c'était peut être pousser le bouchon un peu loin et surtout un sacré culot de la part de cette fille située à gauche de l'échiquier politique. Et puis, vu son boulot, experte en géologie pour le renseignement militaire, elle en avait vu d'autres. Cette réflexion faite à haute voix devant son boulot et ses données ne devait être entendue que par elle et j'avoue que la voir douter ne me rassure pas du tout deux ns plus tard car on ne peut pas dire que tout tourne rond et que l'Islam cherche à s'intégrer partout où il débarque. C'est plutôt le genre à désintégrer. Enfin on verra bien s'ils ont le dessus, et si elle avait raison. Dommage, ça me semblait plutôt joli comme vie jusqu'ici.

La conduite. C'est très bien tous les radars et contrôles policiers. J'aime beaucoup et ça a l'air de freiner les cons et autres chauffards. C'est vrai qu'après l'essence, les crédits, l'assurance, le portable, l'alcool et les clopes, ça fait un peu trop pour les pauvres et les tocards. Donc le problème est presque réglé, soit c'est bouché tout le temps et tu les vois endormis au volant à écouter la radio, ou alors, comme ce matin à 07h00, personne dans les rues et tu peux voir Paris désert et rouler à un bon 50-60 Km/h. La répression a du bon. Ce n'est pas en disant à un gars " arrêtes ou un jour je vais t'en mettre une " qu'il va arrêter, par contre si t'arrives en douce et que tu lui en colle une bonne derrière la nuque, il y a de forte chance pour qu'il fasse gaffe en permanence et même un peu trop d'ailleurs. On a dû arriver à un point ou malheureusement la prévention ne fait plus effet. Et puis si t'as l'occasion d'aller traîner tes pneus vers un circuit où se passe le permis, tu vas bien te fendre la poire. Tu te dis que ça va saigner le jour où tu vas te trouver sur le parcours du gros mongol, oh ouais je ne vais pas la ramener sur le fait que je me suis fait gauler à 111 dans un couloir de bus mais je suis toujours en état de conduire quand je monte sur pétoire, je ne pense qu'à l'accident que je vais avoir et ça me force à faire deux fois plus attention, je n'ai pas EU mon permis : je l'ai passé.

Kill Bill. Mon Dieu, quelle daube… On suppose tout car le scénario est tellement léger, à tel point que le seul truc intéressant nous est tout de même dit dans la dernière seconde du film. La mariée va-t-elle retrouver sa fille ? ouaou. 2h de purée et de combat pour en arriver là. J'ai vraiment eu du mal à me coltiner le déluge de sang et les combats à rallonge, sans parler du montage folklorique (la scène en noir, le montage diapos, le manga, flash-back). Heureusement que la musique est là mais, je suis trop con sur ce coup là, je l'avais écoutée avant, donc aucune surprise. Vous pouvez économiser 7 euros puisque je serais sûrement assez naze pour y retourner en mars pour voir la fin que je vous raconterai aussi, d'ailleurs je vais l'imaginer : Bill va prendre la fille de la mariée en otage que cette dernière va tuer sans le savoir.

SAMEDI 16 AOUT 2003

Une pensée à Yukjan qui en a besoin car quand on revient de vacances on est - presque tout le temps - en pleine forme.

JEUDI 14 AOUT 2003

Voici encore un peu de souvenirs des Caraibes...la fin est proche.

Mardi 15 octobre 2002, lever 7h30 coucher 23h30, 100 Km parcourus
Le matin commence bien, je joue aux dominos avec Fabien. Il commence à me poser des questions sur mon style de vie. " Dis tu vas à l'école ?, Habites-tu chez tes parents ?, T'es marié ? ". Sa maman arrive et lui demande d'arrêter tout de suite ces questions " dérangeantes ". Je lui dis que ça ne me dérange pas et que je réponds à tout, il n'y a rien à cacher. Armelle de me poser alors : " As-tu une femme pour te donner des enfants ? "… Là je lui dis " Et tu trouve que Fabien pose des questions trop privées ? T'as vu ce que tu viens de me sortir de but en blanc ? Non, c'est bon je vais te répondre et t'expliquer mais bon, va pas dire que Fabien en pose des dures… Là franchement !! "
Et la journée était partie en flèche. La nuit avait été dure, des insectes en furie et les boules Quiès obligatoires pour tenter de dormir un peu. On a bien marché et je commence à avoir les jambes un peu lourdes, 35 degrés et 90% d'humidité en permanence. Par contre, ça en est fini avec le décalage horaire, ça y est, je suis adapté et réglé. C'est bien agréable de se sentir à l'heure et en phase avec son entourage. On va faire le tour de l'île et on descend le long de la côte ouest sous le vent vers la ville de Vieux Habitants (la bourgade la plus ancienne de la Guadeloupe fondée en 1636) pour visiter le musée du café abrité par la maison du café Chaulet, une bonifierie du 19ème siècle restaurée. Ca nous dit trop rien de visiter le musée, on va juste y faire nos courses mais rien de bien exceptionnelle. Oui, il y a du café d'accord, mais Max sait où aller le chercher alors… on parle. Et quelle discussion. Max commence à baratiner la fille au comptoir de vente tandis que je regarde les moulins exposés et ma montre qui me dit qu'à se rythme là, la journée ne va pas nous suffire pour faire la route. Je commence à piétiner et j'entends " et votre ami, il fait quoi ?, il veut boire un café ? un peu d'alcool ?"
" Heu, non, je vous remercie, je ne bois pas d'alcool ? " Et là je lève les yeux de mes pompes pour tomber nez à nez avec un belle mulâtre. Je sens le truc venir à vingt bornes et Max me regarde en souriant, fier de son coup. Ca ne loupe pas, la fille m'indique qu'elle est célibataire et me demande mon CV complet et à la regarder dans les yeux je vois bien qu'elle n'en a rien à foutre. Enfin, on échange les numéros de téléphone et elle sera bientôt de passage à Paris. Je ne vais pas être comme un con quand elle va venir tiens… On parle cuisine et Max et elle tentent par deux fois de me convaincre à dîner ensemble. " …Non, merci, je ne mange jamais le soir et le midi je suis au régime, c'est pourquoi je suis maigre et vous seriez déçue de toute façons… " Bref, l'humour fait passer ma décision et elle m'offre tout de même un café, je vois la tête du touriste à côté qui me regarde comme un con pour deux raisons : mon refus d'une liaison toute prête, obtenir un café extra à deux euros sur le compte de la maison. Je ne te raconte pas le savon que Max m'a passé dans la voiture…
On arrive aux parcs archéologiques des roches gravées par les indiens Arawaks qui occupaient l'île avant les tribus Caraïbes. Promenade d'une bonne heure dans les roches, noyées dans une exubérante végétation, traversée par un petit ruisseau. Splendide et sans personne. Max avait découvert l'endroit avec des jeunes dans les années 70 quand il faisait du scoutisme dans l'île et avait aider à défricher le site.
Après la promenade, le repas et sans doute le meilleur repas de tout le séjour. La paillote du pêcheur. Rien à voir avec Francis Cabrel ou la paillote à Francis et ses gendarmes (v. Corse) non, c'est au bout d'une route au bord de l'eau. Des portions très convenables et du poisson grillée et langouste de la pêche du jour. En général, moins il y a de monde et meilleur c'est, ca tombe bien, on est 4 dans la pièce.
On digère en allant se promener le long du grand étang et des chutes du Carbet. Il y en a trois et on ne distingue que la deuxième avant de s'engager dans les traces sous la végétation. Il faut 20 minutes de marche pour l'atteindre et il est déjà 16h. La nuit et l'humidité commencent à tomber alors on se contente des images et du bruit assourdissant de la cascade.
La grève d'essence est toujours d'actualité et on commence à avoir peur pour le réservoir. Max repartira dans la nuit faire le plein, il y a moins de monde sur les routes et quelques responsables de station prennent le risque de rouvrir quelques heures. On entend à la radio et dan les infos TV locales que Texaco a eu la grande idée d'embaucher des chauffeurs martiniquais et de faire venir des États-Unis des camions citernes blindés et avec des vitres pare-balles pour forcer les barrages et réapprovisionner les stations. Commentaire du syndicat menant la grève : " on a des fusils, on tirera dans le tas si ils approchent ". Pas de doute, le conflit va se régler tranquillement.

Mercredi 16 octobre 2002, lever 5h, coucher 22h30, 80 km parcourus
On arrive contents au port pour aller aux Saintes, îles sublimes mais très touristiques. Et là, on nous annonce que le bateau n'est plus exactement le même que celui prévu et qu'il y aura une escale. Donc on va se retrouver avec un bateau encore plus naze que celui de l'autre fois pour Marie-Galante. Merci les transports Frères BRUDEY. Donc on plie les gaules, on va faire le plein d'essence car aujourd'hui ce sera promenade ! ! On part au Nord-Est de l'île vers Le Moule (oui, pas LA), 21 000 habitants port et ruelles bordées de vieilles maisons créoles. C'est un ancien village amérindien. Je vais me baigner sur la plage de l'autre-bord, une baignade déconseillée au vu des nombreux rouleaux mais qu'est ce que c'est bon de se faire remettre en place par les éléments. C'est une superbe plage encore peu fréquentée car dangereuse. En 2003, les championnats du monde de surf y seront.
Petit détour pour visiter la distillerie Damoiseau où j'achète un bon vieux rhum liqueur à 60 et quelques degrés.
On part vers Saint François et on tombe sur la maison Zevallos. Une vieille demeure coloniale aux colonnes métalliques qui aurait été réalisée par l'atelier Eiffel mais le plus bizarre est qu'elle est entièrement fermée car la demeure serait hantée. Drôle d'ambiance de voir cette maison au milieu de la végétation…
Nous voici à St François, un peu comme Sainte Anne : touriste à gogo. Enfin, tout pour eux mais la saison nous laisse encore un peu de répit. C'est marrant de voir des blancs parqués dans leurs hôtels et ne sortir que dans le hall pour prendre le chemin de la plage. Un ghetto de Blancs. Oui, c'est vraiment ça. Belle ville mais grosse station balnéaire qui tourne actuellement au ralenti.
Je vais faire des courses car je veux cuisiner des tortillas au poulet et une pizza à Malou avant de partir. Je me ballade toujours avec une pelle de recettes et les plats ont toujours un nouveau goût là où on se trouve, les ingrédients changent, les ustensiles ne sont pas toujours là. Hop, me voilà dans le supermarché pendant que Max va chercher de la lecture. La carte bleue en pleure encore : 22 FRF les deux tranches de jambon ! Ah, c'est vraiment le plan touriste, je n'ose même pas calculer le prix au kilo. Je comprends pourquoi c'est igname et vivanneau à la plupart des repas. Je m'en sors avec plus de 200 FRF de courses pour deux plats.
Je rentre et vois mon costume du boulot en face de moi accroché sur le cintre. Je voulais faire un truc crétin comme en août dernier (baignade, cascade, test du feu…) mais la chaleur est tellement humide et contraignante que je n'en ai plus envie.
Je prépare les pizzas avec les petits chats dans les pieds qui se demandent ce qui se prépare. On passe une bonne soirée avec Malou et ses histoires d'hosto. Elle travaille au CHU de Pointe à Pitre et nous raconte les conneries de l'homme blanc en vacances. Ah, il est merveilleux le Galac en vadrouille, je m'attendais à des trucs du genre insolation ou noyade mais j'étais bien loin de ça. Depuis juillet elle a eu à traiter 3 ruptures de la bite. Oui, le con est tellement raide (dans tous les sens du terme…) qu'il place sa copine à trois mètres, prend son élan, court, et pense rentrer là-dedans comme chez Monoprix… BOONG ! ! ! La verge en deux. AHAHAHAH. J'en ris encore.
On continue ? Elle en est aussi à son 10ème concombre coincé dans les fesses de monsieur ou madame Blanc intéressés par les largesses de la nature ambiante. Dieu est bon avec les légumes dans le coin, c'est vrai mais l'anatomie a ses limites. Pour finir nous rigolons sur son dernier boulot de la journée : les passeurs de drogues qui reviennent de Saint Martin avec le ventre plein de capotes remplies de cocaïne. Le type est malade car un condom a claqué et les douaniers l'arrêtent et l'emmènent à l'hôpital. Le but du jeu est alors de fouiller ses matières fécales suite à son lavage d'estomac/intestin pour retrouver et peser la quantité de drogue transportée. Ceci dans un bloc opératoire fermé par la police et sous contrôle des douaniers. Voilà le travail.

Jeudi 17 Octobre 2002, lever 9 h, coucher 0h, 20 kilomètres parcourus.
Ce crétin de chiot a chié dans le couloir. B r a v o. Il va encore dérouiller et c'est le cas. Max doit partir au nord de l'île et je ne veux pas le suivre dans la voiture car je ne lui serais pas d'une grande utilité dans ses loisirs du jour. Je suis seul et me promène dans le jardin et mes pensées. Je suis tenté de goûter les divers fruits qui sont devant moi avec le risque de manger un truc à éviter donc je me contente de rester à ce que je connais ce qui est déjà largement suffisant pour une indigestion. Je rigole en lisant la bio d'Howard Stern où il se paye la tête des indiens (le " pudu ", le rond rouge sur le front des filles d'Inde, serait un bouton dissimulé destiné à ouvrir les parkings d'après lui) et les français en prennent aussi pour leur grade (nous ne serions rien sans les américains et nous parlerions allemand, il trouve qu'un peu plus de reconnaissance de notre part ne ferait pas de mal). Bref, du grand n'importe quoi mais parfois drôle dans l'exagération. Hier je n'ai pas de trouver de vraie mozzarella de bufflonne pour la pizza, il n'y avait que cette saloperie blanche et molle qu'on trouve en sachet opaque. Et le parmesan était trop cher alors ça se ressent un peu sur le goût lorsque je réchauffe ma part du petit déjeuner/midi au mini four électrique. La terrasse est déjà chaude mais bien agréable, je suis protégé par le linge qui sèche et m'apporte un peu de fraîcheur en laissant son humidité partir. Donc la journée passe à la lecture, les siestes, les douches fraîches et la préparation des burritos aux blancs de poulet. Max revient vers 19h, on va chez Monette qui a un ennui avec le pc de ses enfants, vu ce que le plus grand charge comme style de données, il n'y a rien d'étonnant. Max se lance dans un paramétrage personnalisé de la machine : on bloque tout avec des mots de passe. Evidemment il arrive le moment où on en a besoin et il a oublié le principal. On n'est pas rentré… et pour en rajouter un peu la moitié de l'appart' tombe dans le noir car Monette a voulu régler un problème de disjoncteur. Plus de clim', plus de lumière, plus rien sauf le pc qui a une alimentation à part, bien vu. Il est 23h et ça commence à me chauffer car je vois qu'elle veut qu'on dorme chez elle, on n'a pas réglé l'ordinateur, j'ai faim, je ne veux pas rouler la nuit. Je n'ai rien foutu de la journée si ce n'est être tranquille et au repos alors ma sale humeur et le fait que Max s'y connaisse un brin en électricité nous font partir vers 23h.

MERCREDI 18 JUIN 2003

Les pompiers pensaient à une rupture d'anévrisme et tous les signes y étaient alors un véhicule de premier secours m'a emmené aux urgences de Cochin, j'y suis resté de 12h30 à 14h30. Superbe accueil par des gens performants et sympas mais quel courage !! Entre la grand-mère qui se tripote le sexe à pleine main, la mémé qui est tombé dans les pommes au baptème du petit avec le père qui gueule parce qu'on lui a niqué sa fête, le con qui s'est pété la main en collant un pain à un autre crétin, le dealer asiatique amené en menottes encadré par 4 flics pour examens, et le clodo épileptique qui colle des beignes à tout ce qui bouge... j'étais bien entouré et j'ai vu l'ambiance. C'est vrai que ca devait se bousculer pour s'occupper de moi. C'était le moment de repos de la journée. Electrocardiogramme, analyse de sang, tensions debout et couché, jolie infirmière, deux médecins qui me disent que j'ai un truc au coeur qu'a 10% de la jeune population Résultat : malaise vagal avec aura ophtalmique + détection de bloc de branche droit au coeur (perturbation de la conduction intraventriculaire). Oui, faut que je termine le voyage en Guadeloupe mais ça va venir, patience...

JEUDI 09 JANVIER 2003

Samedi 12 Octobre 2002, lever 8h coucher 23h, 100km parcourus
Aujourd'hui tour en voiture de la martinique. On passe par le Diamant et sa vue panoramique, St Pierre, la cellule du prisonnier seul rescapé de l'éruption de la montagne Pelée et cette dernière. Impressionnant. Il commence à pleuvoir quand nous arrivons à la base du volcan vers 15h. Il se détache dans la brume et je décide de continuer à pied seul vers le premier refuge. A peine 15 mètres parcourus et me voilà déjà dans un nuage de coton, paumé dans les roches et la fumée blanche. Demi-tour. Dommage, faudra revenir par beau temps.
On se trouve un restaurant sur la jetée en cherchant un truc pas trop " touriste ", pas évident dans un coin qui ne vit que de ça et on finit évidemment dans une gargotte du genre. 15€ pour du juste correct, on paye la vue sur la mer, les crabes gris viennent tourner autour des tables et la pluie rend l'océan gris. J'en oublie l'état de mon assiette et la vue de l'eau, du ciel, et de la serveuse vaut bien le tarif. Je reviens un peu crevé à la résidence Belbay et je décide de ne plus bouger, Max veut faire une virée à Fort De France et retrouver une amie. Non merci, je sens que c'est ma journée " vue sur l'eau " et je décide de rester les fesses sur la véranda à regarder les bateaux glisser dans la baie. Max va faire un tour vers 22h avant de partir en soirée et me ramène un plat de coquillage lambis frits dans un riz créole, un régal. Je reste dans l'obscurité avec mon assiette devant la flotte qui tombe sur la baie. Très chouette.


Dimanche 13 Octobre 2002, lever 8h coucher 22h, vol Fort De France - Pointe à Pitre + 60 Km parcourus
Petit tour en Martinique après le petit déjeuner sur la terrasse. On doit faire le plein d'essence avant de rendre la voiture de location mais le problème est que toutes les stations sont en grève et bloquées par les gars de Texaco. Certaines pompes sont ouvertes sur les voies rapides qui ne le sont plus vu les embouteillages monstres. On n'a pas trop le choix, il faut attendre comme tout le monde. Arrivés pour se faire servir on voit un panneau " 20 euros d'essence maximum par voiture". Ca va nous faire à peine la moitié du réservoir et on doit refourguer la caisse avec le plein. La discussion avec mme la pompiste va être intéressante. On lui explique que pour nous ce sera plus de 20 euros, elle ne veut pas le savoir. Max lui dit qu'il ne bougera pas la bagnole si il n'a pas l'essence, je lui file les papiers de location en lui montrant que ce n'est pas pour emmerder le peuple mais on doit faire le plein, c'est tout. Elle a de l'essence, on l'achète et c'est marre. En rigolant, je lui dis que elle peut toujours nous faire payer que 20 euros, du moment qu'elle fait le plein… On paye et je dis à Max de foutre le camp rapidement. Mme le pompiste a pompé le plein et nous a fait payer 20 euros eu lieu de 36 !! Sa machine CB était bloquée à 20 euros et elle n'a plus pensé à la valider à 36. Et bien merci beaucoup.
Le vol retour se passe sans encombre. On loue une voiture. On retrouve Malou chez elle et l'ambiance est un peu tendue vu le début de week-end lors du départ à l'aéroport. Max préfère passer quelques jours chez ses parents à Pointe Noire. On retraverse l'île et nous arrivons sous le coucher de soleil chez les Ponti-Neris. Visites surprises chez les tantes et je regarde les étoiles dans la nuit noire. La maison familiale est à 50m de la mer des Antilles (côte ouest). Devant la maison créole en bois marron et béton, une grosse roche noire volcanique subsiste. Il avait fallu en dynamiter une bonne partie pour construire la demeure. Gabin, le père de Max est un pêcheur. Il y a Armelle, sa fille qui vient le voir tout les jours et son petit fils Fabien. Il a 7 ans et est adorable. Un futur fou furieux mais bien sympa. On me montre ma chambre et on me prévient de faire gaffe la nuit. La maison a été visitée ou cambriolée 5 fois en deux mois. La porte d'accès principale à ma pièce (10m2) est situé à l'extérieur à droite de l'entrée, j'ai une autre sortie dans la maison. La porte côté extérieure a été forcée et n'a plus de serrure, elle s'ouvre vers l'intérieur et je la bloque avec une commode. Je mets un bouquin devant le trou de l'ancienne serrure et me lance dans une nuit de sommeil qui pourrait être risquée mais qui se passera très bien. Pas de visite.

Lundi 14 Octobre 2002, lever 8h coucher 23h, 130 Km parcourus
Gabin a des papiers officiels à régler pour obtenir le droit d'aller en mer avec son nouveau bateau. On va à la capitainerie pour régler tout ça. Après, direction le marché aux poissons de pointe à pitre, une vente à la criée sur le port, à côté du marché couvert. On y fait nos courses, le poisson y est cher mais frais. Tout tourne environ à 15 euros le kilo. On rentre et on va faire un tour dans le village, Max y rencontre famille et amis. On va vers les chutes d'Orbac et la cascade Acomat. Un petit chemin mène à un bassin et à une belle cascade. Un mec utilise le dénivelé en pierre de la cascade pour plonger dans le bassin. Il a beau être habitué et réaliser de chouettes plongeons, j'ai vraiment du mal à apprécier de voir sa tête passer à 30 centimètres de la roche à chaque fois. L'eau est froide mais bien agréable pour se détendre.
Direction la maison du cacao (hmm, quel parfum !!), je m'évite la visite et vais faire quelques courses : une plaque de cacao pur, et de la confiture de cacao aux fèves. Pas facile à étaler, mais délicieux. On dirait des amandes au chocolat.
Au retour, on se paume un peu et on stoppe au milieu de la route déserte pour regarder notre chemin. Un scooter bruyant avec deux crétins du coin non casqués et déjà repérés la veille au soir en bord de plage nous dépasse. Les pilotes nous gueulent dessus en créole. Le mec le plus vindicatif est visiblement drogué au crack et n'a pas atterri depuis un moment, sûrement la veille si jamais ça lui arrive d'être net.
Max ne dit pas un mot et là je sens que ça ne va pas être bon. Quand il ne parle plus, ce n'est pas bon. Faut le savoir. Il fonce, se colle au scooter et demande au mec si tout va bien dans sa tête. Le type en recolle une couche d'insulte. Des insultes sur la maman de Max. Sa mère a quitté ce monde en début d'avril donc Max n'apprécie pas du tout les remarques. Le scooter se barre freine, et nous fait signe de les suivre si on en veut plus. Il n'y a qu'à demander, on y va !! Le deux-roues slalome et tourne précipitamment à gauche dans une ruelle sans visibilité, on les suit toujours, on tourne et là… surprise : le comité d'accueil. Deux scooters en travers de la route, une autre voiture sur le côté, portière passager ouverte. La voie est bloquée. Les mecs du scooter sont descendus et s'approchent de la portière de Max. Je regarde dans la maison où ça semble s'agiter. C'est le squat des gars et ils sont en mouvement. Un autre type s'agite dans la voiture et nous regarde les mains cachées en bas du fauteuil conducteur. Le passager du scooter sort un couteau, fait le tour de la voiture et vient vers moi. Je remonte ma vitre, ferme la portière, et regarde le type dans les yeux avec petit sourire désolé pour lui. Il ne se démonte pas et refait le chemin inverse en se rapprochant doucement de Max, le couteau dans la main à hauteur de taille près à pointer Max à la tête. Je préviens Max et il rentre un peu son visage à l'intérieur de la voiture. Il calme le ton, Crack Man aussi. Ils remontent sur le scooter et se cassent sans se retourner. La Max Mobile redémarre. Ouf. Je n'étais pas trop fier et n'aurais désormais qu'une hantise : retomber sur ces gars. Je n'aurais également qu'une envie : quitter ce coin de paradis et retourner à Baie-Mahault. On aura l'explication de l'énervement des lascars par les gens du coin : Pointe-Noire est placée stratégiquement sur la mer des caraïbes à un endroit où les livraisons de drogue arrivent quotidiennement. Les types en scooter sont payés en nature et répartissent la marchandise sur l'île avec les deux roues. Les familles de ces types, en plus du RMI et des allocs, vivent aussi de l'argent de la drogue vendu par leurs enfants en âge d'être scolarisé. Les gendarmes sont venus la semaine dernière et on bloqué les accès de la ville et tout fouillé. Ridicule. Les revendeurs avaient été prévenus et la ville était bien tranquille ce jour là. Une voisine nous dit qu'on a du bol de s'en sortir si bien, ils avaient dû recevoir une livraison et ne voulaient pas s'attirer d'emmerdes le temps de la traiter. Moins de chance pour d'autres : un jeune écolier du village a été abattu il y a un mois près du squat. Le coin mérite d'être nettoyé rapidement si les anciens veulent conserver leur vie calme.
Je souhaite bon courage à Max qui va vadrouiller, et lui demande de ne pas faire le con si ils croisent les mecs. Je reste avec Gabin et on dîne ensemble, on parle de mer, de la ville, de Paris, de la mort, bref de tout. Didier, un des frères de Max, nous rejoint et on dîne de nouveau pendant 1h30. On parle de mer, de la ville, de Paris, de la mort, de drogues, d'alcool, de mariage, de fête, de famille, de voiture. Bonne soirée.

JEUDI 02 JANVIER 2003

C’est l’heure du renouveau
Les espoirs naissent, les horizons s’ouvrent
Vous souhaitant paix, prospérité et bonheur en l’année à venir.
Heureuse Nouvelle Année à vous et vos proches.

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